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Nous sommes tous d'accord pour chercher les moyens d'un retour à une transmission organisée des connaissances, en particulier pour ce qui concerne l'apprentissage a départ syllabique de la lecture et une présentation systématique et explicite de la grammaire française ou le retour à une continuité chronologique en histoire.
Il ne s'agit pas de prendre parti dans la guerre des pédagogies, mais plutôt de vouloir pratiquer pleinement les différentes pédagogies au moment le plus approprié, en particulier en donnant une place à tous les talents des élèves par une valorisation de l'oral et des activités de découverte personnelles telles que les IDD ou les TPE
La mise en pratique de cette ouverture vers la transmission explicite des savoirs, fondée sur les recherches pédagogiques et neurologiques les plus récentes, s'appuie sur l'échec des pédagogies du détour et de la construction du savoir par l'élève.
Elle suppose une réflexion, encore à mener sur l'élaboration des programmes et sur les conditions de leur application, dans le respect de la liberté pédagogique.
Il y a deux options:
- Remplacement d'un programme impératif par un autre; mise à l'écart de l'Observation Raisonnée de la Langue où l'élève reconstruit toute une grammaire structuraliste, par une suite de tâtonnements et d'approximations au profit des nouvelles méthodes syllabiques et d'une transmission explicite des savoirs.
Un renouvellement imposé par la contrainte risque de ne pas être suivi: c'est ce qu'on a vu avec le refus explicite des syndicats, des responsables d'IUFM et des inspecteurs d'appliquer les instructions de Robien. L'autorité de l'Etat est bafouée ouvertement car elle cherche à imposer des solutions toutes faites à un corps d'intellectuels. Pour la rétablir il faudrait pouvoir offrir une possibilité de démission aux protestataires dont la conscience se refuse à renoncer au constructivisme pédagogique.
- Arrivée d'une réelle liberté pédagogique, qui serait favorisée par la réécriture des programmes du primaire et du secondaire dans certaines matières, la possibilité de garder une trace de la méthode utilisée pour le moment du certificat de fin de primaire et le libre choix de l'école et des méthodes par les parents.
Echaudés par les réformes maladroites de la gauche, tentés par l’absence de réformes de Bayrou, mais aussi par des idées de plus grande liberté, les enseignants hésitent.
Ils étaient déjà 30% à voter à droite aux législatives de 1995 ou de 2002, un sondage réalisé pour le Monde de l’Education montre qu’ils sont 50% à envisager de rejeter la gauche et 38% à envisager de voter Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal au second tour.
Le bilan de la gauche joue contre elle, réduction des moyens d’assurer la discipline, contrainte pédagogique des IUFM et de nombreux inspecteurs, relative paupérisation et paralysie du système des mutations nourrissent la rancune contre Jospin, Allègre ou Royal. Les nouvelles propositions socialistes n’ont rien arrangé. Les 35 heures au collège, et implicitement la transformation des enseignants en simples accompagnateurs scolaires ont fait scandale et la scolarité obligatoire est rejetée à 80%.
François Bayrou rassure, il est « celui qui ne nous a pas fait de mal », celui qui a maintenu ce qui existait, à part pour une intéressante réforme des programmes d’histoire et de lettres en faveur d’un enseignement des fondements de la culture européenne.
Tout cela fait aussi que l’esprit de réforme progresse dans les esprits, dans le sondage IFOP/ Monde de l’éducation, 51% sont pour une plus grande autonomie des établissements, 79% pour le soutien scolaire payé, donc pour une modulation des salaires.
Comme le candidat Sarkozy, ils prennent acte de l’injustice de la carte scolaire, 55% d’entre eux pensent qu’elle doit être assouplie et 8% veulent qu’elle soit supprimée.
Le désir de pouvoir prendre des initiatives sans être sanctionné mais au contraire en voyant son travail reconnu est sans doute en grande partie derrière le refus à 73% de la notation par des chefs d’établissements que les enseignants n’ont pas choisi.
Beaucoup sont très reconnaissants à Gilles de Robien d’avoir brisé le tabou du pédagogiquement correct et de s’être opposé aux excès de la pédagogie de la construction des savoirs par l’élève, qui est largement rejetée. Ils pensent cependant comme Sarkozy que c’est la liberté pédagogique qu’il faut reconnaître avant tout.
Sondage : http://www.lemonde.fr/mde/dossiers/dossier.html, mars 2007