BlogPremium
RSS
RSS comm
Constat

Le contournement généralisé de la carte scolaire et la fuite devant l’étiquette ZEP ou "ambition réussite" sont tellement forts que Ségolène Royal se ralie à la suppression de la carte scolaire. Beaucoup sont hostiles à cette mesure car elle risque d’accentuer les mouvements de fuite actuels.
Elle n’est envisageable que si elle s’accompagne de mesures qui rendent donnent une réelle attractivité aux écoles en zone difficile.
Les dotations des établissements étant calculées en fonction de leur nombre d'élèves, il suffirait d'attribuer aux enfants de parents défavorisés une dotation supérieure pour aider davantage les établissements situés en zone difficile. Cela éviterait les effets de seuil et de stigmatisation entre zones définies comme difficiles et zones "normales" qui existent actuellement et mettrait fin à l'impossibilité de faire sortir des classements tels que "ambition réussite" un établissement dont la situation se serait améliorée. Le nom disparaîtrait, la frontière stigmatisante qu’il représente serait remplacée par une transitions progressive en fonction de la composition sociologique du milieu local, mais les investissements a destination des zones en difficulté pourraient être plus importants et plus efficaces.
Le calcul de la dotation par élève partirait de la tranche fiscale et du nombre de parts des parents. Certes, ce critère est simplificateur mais il a le mérite d'être facile à mettre en œuvre et correspond au fait que les familles défavorisées ont globalement moins de moyens pour transmettre un patrimoine culturel à leurs enfants.
Pour une amélioration réelle des conditions de travail dans les zones en difficulté.
Les ressources supplémentaires de ces établissements pourraient être converties, suivant les orientations définies par le conseil d’administration, en réductions d’effectifs de classe services moins longs pour les enseignants, achats de matériel, heures de soutien et d’études dirigées, voyages scolaires, classes européennes ou classes du patrimoine vivant.
Ce système permet de prendre en compte le désir d'équité exprimé par beaucoup de parents et d’élèves, tout en donnant plus d'autonomie et de responsabilités aux acteurs éducatifs. Il permettrait aussi d'éviter les possibles effets inégalitaires d'une suppression de la carte scolaire ou d'un passage au ticket scolaire.
Certes, ce critère est simplificateur mais il a le mérite d'être facile à mettre en œuvre et correspond au fait que les familles défavorisées ont globalement moins de moyens pour transmettre un patrimoine culturel à leurs enfants.
Diagnostic :

Les zones d’éducation prioritaires (ZEP) doivent bénéficier d’une attention et de dotations particulières, pas par principe mais par conviction qu’il faut donner plus là où il y a moins. Il s’agit, en particulier, de doter ces établissements de professeurs particulièrement expérimentés, de davantage de médecins scolaires, de moyens en personnels supplémentaires, etc.

Aujourd’hui, les parents qui en ont les moyens tentent de fuir ces zones qu’ils considèrent, parfois à tort, comme incompatibles avec une formation sereine. Il s'agit donc de réformer la carte scolaire, et accompagner cette réforme d’une remise à plat des aides dont bénéficient les établissements en ZEP, qu’ils aient reçu le label « Ambition-Réussite » ou pas.

Les 249 collèges ayant reçu le label « Ambition-Réussite » sont ceux qui cumulent les plus grandes difficultés : taux de parents touchant les minima sociaux, taux d’alphabétisation des parents, etc. Une enquête de l’Institut Montaigne a révélé que ces établissements coûtent en réalité 30% moins cher à l’Etat, principalement en raison de la jeunesse du personnel enseignant y travaillant.

Réponse proposée :

1/ Le premier levier à actionner est celui de l’incitation au recrutement de professeurs très expérimentés pour ces établissements. Pour cela il faut agir sur :
- le nombre de points de carrière dont bénéficient ces professeurs ;
- l’augmentation du montant des primes versées, au fur et à mesure de la durée de présence dans ces zones.

2/ Par ailleurs, il faut que les moyens, notamment le nombre de professeurs ou les crédits, soient fonction de leur « sensibilité » et puissent évoluer rapidement en fonction de leur « état de santé ». Pour cela, il faut prévoir une évaluation annuelle et définir des critères pour celle-ci (taux de réussite aux différents examens, taux de redoublement, taux de sortie du système scolaire, taux de violences, etc.). On peut aussi envisager un système de contrat d’objectifs, déjà expérimenté dans certaines académies depuis cette rentrée.

3/ systématiser des inspections obligatoires annuelles dans ces zones, afin de valoriser les profils compétents et détecter rapidement les professeurs en détresse.

Nos valeurs politiques :

Ce système permet de prendre en compte le désir d'équité exprimé par beaucoup de parents et d’élèves, tout en donnant plus d'autonomie et de responsabilités aux acteurs éducatifs. Il permettrait aussi d'éviter les possibles effets inégalitaires d'une suppression de la carte scolaire ou d'un passage au ticket scolaire.