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UNE CHANCE POUR TOUS A L’ECOLE
Au cours des trente dernières années, de remarquables progrès ont été accomplis en matière de démocratisation de l’accès à l’éducation et aux diplômes. Mais le chemin à parcourir en termes d’efficacité réelle est encore long avant d’atteindre les objectifs ambitieux que les Français attendent de cette « Ecole de la République » à laquelle ils sont si attachés.

Notre système éducatif est aujourd’hui confronté à d’importants problèmes structurels : difficultés à absorber de nouveaux publics scolaires, centralisation excessive, manque d’ouverture sur la société. La question même de son rôle est posée et les doutes augmentent sur sa capacité à surmonter les blocages de « l’ascenseur social ».

Loin d’être négligée, la part de la dépense d’éducation dans la richesse nationale s’est accrue de 83% depuis 1980, progressant à un rythme annuel moyen supérieur à celui du PIB. Cette hausse s’explique moins par l’accroissement du nombre d’élèves que par celui du coût de chaque élève.

Face à cette hausse des dépenses, force est de constater que les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous : depuis maintenant une dizaine d’années, 150.000 jeunes par an sortent sans aucun diplôme du système scolaire ; plus inquiétant encore, le chômage des jeunes en fin d’études avoisine les 25%, chiffre qui pousse à s’interroger sur le lien éducation-emploi.

Même s’il redoute majoritairement un changement dont il ne voit pas bien les contours, le monde éducatif est conscient de ces difficultés, dont il souffre au quotidien. Alors que plus de 40% des personnels sont appelés à être renouvelés d’ici à 2012 par le jeu des départs à la retraite, le monde éducatif est en attente d'un « nouveau contrat » qui lui redonne la fierté d’accomplir une mission plus que jamais fondamentale, mais qui doit évoluer et s’appuyer sur la reconnaissance des talents et des initiatives. Il est temps de réinvestir politiquement le monde de l’éducation pour contribuer à sa modernisation.

Pour libérer les capacités de travail et d'initiative de tous les acteurs du système éducatif, nous proposons un certain nombre de mesures réalistes :

- un observatoire statistique des débouchés et des métiers pour répondre au défi de l'orientation professionnelle des jeunes ;
- un financement supérieur des élèves aux parents à revenus modestes pour donner réellement plus de moyens aux zones défavorisées ;
- un encouragement à la mutation des professeurs expérimentés en banlieues pour répondre aux espérances des familles en zone difficile ;
- du temps ouvert dans le service des enseignants pour favoriser l’initiative ;
- une réforme des bourses universitaires récompensant le mérite ;
- des classes du patrimoine vivant pour lutter contre nos fractures culturelles. ;
- une réforme des IUFM dans le sens d’une plus grande ouverture sur la société.