Il faut chercher dans les replis du discours de Ségolène Royal pour y trouver quelques mots vagues sur la liberté pédagogique. « Vous cherchez, parfois vous tâtonnez, mais vous trouvez. Et le devoir de la République c'est vous aider à inventer. Je veux une société qui reconnaisse l'expérimentation et qui vous laisse libres, plus libres de vos méthodes pédagogiques, sans inspection tatillonne. » … Aider à trouver, mais peut on envisager que la société puisse aider les enseignants à retrouver des méthodes qui marchent ? Qu’entend elle par des « inspections tatillonnes ? Celles qui interdisent les méthodes syllabiques ou celles qui veulent faire appliquer les réformes de Robien. Elle parle de « renforcer la formation des enseignants » et d’une rénovation des pratiques et du métier d’enseignant ». Pour « donner du sens » à ces déclarations il faut se demander quels sont les hommes qui pourraient les appliquer. S’agira t’il de Philippe Meirieu qui passe son temps à porter sa bonne parole dans les meetings socialistes ou de Roland Goigoux, soutenu par le parti et qui affirme « Les méthodes syllabiques sont en contradiction flagrante avec les programmes en vigueur [depuis la réforme socialiste de 2002] qui demandent aux enseignants d'introduire des mots fréquents dès le début de l'année » « Ces enseignants sont convaincus que l'école ne doit pas déléguer aux familles des pans entiers de l'enseignement si elle ne veut pas contribuer à accroître les inégalités sociales. Se limiter [pour commencer] au B-A, BA est de ce point de vue tout aussi inacceptable que de ne pas le prendre sérieusement en charge. »
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